France : La classe politique s'agite autour du mouvement des «gilets jaunes».


Lancé sur les réseaux sociaux, l’appel citoyen à manifester et à bloquer les routes le 17 novembre embarrasse la classe politique. Spontané et non encadré, ce mouvement des « gilets jaunes » inquiète l'exécutif et la majorité, qui met en garde les participants. Mais il déstabilise aussi les autres partis, qui tentent de se positionner au risque d'accusations de récupération. Le Premier ministre s'est exprimé sur le sujet ce mercredi 14 novembre 2018.


Certains iront manifester, d’autres non. Certains soutiennent franchement le mouvement des gilets jaunes, d’autres ont des réserves. L'opposition est indécise, estime l’ex-candidat à la présidentielle Benoît Hamon : « C'est un mouvement qui ne part d’aucun parti ni syndicat, d’aucune organisation. Donc forcément, ça déstabilise certains rentiers de la politique ou du syndicalisme. »
Tous veulent profiter de cette grogne anti-Macron. Mais attention, il ne faut pas être accusé d'électoraliste. « Il ne s’agit pas pour Les Républicains de récupérer ce mouvement. C’est un mouvement citoyen, c’est un mouvement spontané. Il n’y a pas d’embarras de notre part, il y a simplement la volonté de rester à notre place », explique Daniel Fasquelle, député LR du Pas-de-Calais.
Mais pour Matthieu Orphelin, élu de La République en marche, fervent défenseur d’une fiscalité écologique, les explications de la droite et de la gauche sonnent creux : « De la part d’un certain nombre d’élus, qui ont fait voter la fiscalité écologique au cours du quinquennat précédent, je trouve que c’est un manque de courage très regrettable », fait remarquer le député du Maine-et-Loire.
« Pour d’autres, les tentatives de récupération politique de certains partis d’extrême droite ou de droite dure, là aussi, je trouve ça un peu affligeant », ajoute le parlementaire LREM, alors que la colère des gilets jaunes semble échapper aux uns et aux autres, malgré les positionnements parfois tactiques de l’opposition et malgré les tentatives de l’exécutif de désamorcer la grogne.

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