Ces pensionnaires dans la prison de Mpimba, à Bujumbura, ont été libérés hier matin au cours d’une cérémonie présidée par la ministre de la Justice, Aimée-Laurentine Kanyana, en présence notamment de plusieurs ambassadeurs occidentaux.
Sur les 740 prisonniers libérés vendredi, 450 avaient été « condamnés pour participation au mouvement insurrectionnel de 2015 », a précisé la ministre citant le terme officiel utilisé par le pouvoir pour désigner le crime qu’il reproche à des milliers de personnes interpellées à la suite des manifestations menées de fin avril à mi-juin 2015, lors de contestations du troisième mandat controversé du président Pierre Nkurunziza.
Des associations pour la réinsertion
La majoritée des prisonniers liberés rencontrent de grandes difficultés de réinsertion sociale. La plupart ont besoin d'un accompagnement qui est délivré par des associations. Jean Marie Nshimirimana est président de l'Association pour la solidarité des prisonniers et leurs familles."Très prochainement, début avril, nous allons aller à leur rencontre dans toutes les provinces", dit-il. "Si leurs propriétés ont été spoliées, nous leur donnerons des avocats qui sont chargés de plaider pour les personnes graciées."
Le gouvernement ne craint pas l'insécurité
Le gouvernement qui a prévu un programme de réinsertion sociale pour les prisonniers graciés, affirme ne pas redouter l'insécurité que pourrait engendrer la libération de centaines de prisonniers."Ils ont appris des métiers comme la menuiserie, la couture, la cuisine et bien d'autres encore", explique le ministre de la Justice Aimé Laurentine Kanyana. "Il y a eu des formations patriotiques qui ont été dispensées par le ministère de l'Intérieur. Nous sommes convaincus qu'ils ne peuvent plus commettre de tels actes. Le pays maintenant est bien sécurisé, le dispositif est en place pour assurer la sécurité. Ils doivent respecter le loi et l'autorité", prévient-il.
Le but de cette grâce présidentielle est avant tout de soulager le budget de l'Etat en vidant les prisons. Ainsi, 3.000 prisonniers sont incarcérés dans la maison d'arrêt centrale de Bujumbura, pour une capacité d'accueil de seulement 800 personnes.

Comments
Post a Comment